L’histoire de ma vie d’instit à ma vie nomade

Quand je serai grande, je serai Maîtresse … mais pas que …

nomadeJ’ai la chance d’exercer un métier que non seulement j’ai choisi mais qui était en plus celui que je rêvais d’exercer depuis l’enfance.
Je me souviens du jour où j’ai été convoquée par l’inspecteur académique pour me dire qu’il y avait un poste pour moi alors en liste complémentaire. C’était un 14 février. J’ai sauté de joie, c’était le plus beau jour de ma vie. Depuis il y en a eu pas mal d’autres…
7 années d’enseignements en ZEP. Celles là aussi je les ai adorées. Tumultueuses, mais j’avais l’énergie, l’envie de faire bouger un système, de changer les choses, de faire de l’école pour tous, quelque chose d’ouvert sur le monde.
En février 2013, je travaillais à l’époque comme professeur des écoles dans une école Française à Seattle, dans le nord ouest des Etats-Unis. Une ville où j’adorais vivre et où j’étais arrivée 3 ans auparavant pour réaliser un autre de mes rêves, celui d’enseigner à l’étranger.
À Seattle, j’avais le poste de mes rêves celui auquel j’aspirais depuis longtemps. Une classe de maternelle, avec un effectif plutôt confortable (seulement 20 élèves dans ma classe contre une trentaine dans les classes française). Mon salaire aussi était bien plus confortable, il s’élevait environ au double de celui que j’avais en France pour le même travail. Les parents aussi étaient top et me remerciaient de m’occuper de leurs enfants…
Bref, en apparence, tout semblait parfait.
Alors, qu’est ce qui n’allait plus dans ce petit monde de bisounours dans lequel j’avais trouvé un certain repos de l’esprit?

Pourquoi j’ai quitté mon job de rêve pour partir voyager ?

 D’abord, le rêve diminuait au fur et à mesure que le temps avançait. c’est un peu chronique chez moi, dès que je touche un rêve du doigt, un autre surgit et me fait vouloir l’atteindre.
Je n’allais plus travailler avec la même envie. Je me sentais même prisonnière. Enfermée la majeure partie de mon temps et, souffrance ultime, je ne supportais plus de devoir me lever le matin aux aurores. Oui, car par dessus tout, je ne suis pas du matin. Alors, je sais que pour plein de gens il faut être fataliste, tu travailles, tu te lèves et c’est le quotidien de tout le monde, il faut bien gagner ça vie. Bon, ce genre de discours n’ont jamais résonné dans a tête comme une suite logique, scientifiquement prouvée. Par contre quand tu galères tous les matins à sortir de ton lit, que tu es difficilement opérationnelle avant midi et que malgré tout ton métier t’oblige à avoir la banane à 8h30, j’ai testé, et presque scientifiquement je peux dire qu’on est à la limite de la maltraitance pour qui s’inflige un rythme aussi peu adapté à son rythme chrono-biologique! Le coup des 10 réveils pour te faire lever, se coucher plus tôt… faut plus me la sortir non plus ! Pas du matin, ne veut pas dire complètement débile ! Donc tous les bons conseils évidemment, les gens comme moi les ont essayés sans succès.
En fait, je rêvais de pouvoir faire classe en décalé, car par contre le soir, j’ai la pêche, et je me suis souvent dit que pour plein d’enfants aussi ce système matinal adapté à la vie d’adulte était bien trop violent. Donc, j’étais l’enseignant garant de la « ponctualité » tout en étant la reine du retard ! Pas si facile à vivre et à assumer.
Cependant, ma vie américaine me comblait au point d’accepter de continuer à sacrifier mes matins et d’aller péniblement passer ma journée enfermée. Ma sentence me semblait donc déjà moins pénible qu’en France de ce côté.
 Je tiens à préciser que j’ai toujours eu à cœur de bien faire mon travail. Pour moi, contribuer à l’éducation des enfants est une tâche que j’aime et que je prends très au sérieux. C’est une des raisons qui a fait que j’ai décidé à ce moment là d’arrêter. Je me suis dit que si je ne venais plus avec la même passion au travail alors ce que j’avais à apporter à mes élèves ne serait plus de qualité et deviendrait vide de sens.

♥ Tu peux aussi lire l’article « Pourquoi j’ai tout quitté pour voyager » ici  , il y a des signes dans la vie qu’il faut savoir écouter !

J’ai ressenti que c’était moi, que j’avais besoin de me nourrir intellectuellement, que c’était de moi dont il fallait que je m’occupe avant tout, et que seulement alors, quand je me serai ressourcée et  ressentirai à nouveau l’envie de revenir en classe, je pourrai à nouveau donner ce dont un élève a besoin. Je ne voulais surtout pas devenir le cliché de l’instit aigri, qui en a marre mais qui s’entête à continuer car au fond, c’est un bon métier, hein, avec plein d’avantages et surtout plein de vacances!!! Mon truc à moi, c’est que je me suis dit, que si mon moment préféré de l’année c’était les week-ends et les vacances, alors c’est la partie qu’il fallait garder. Il n’y avait plus qu’à faire valser le contour!

Pourquoi j’adore les week-ends et les vacances ?

Parce que j’aime ma liberté et par dessus tout jouir de mon temps comme bon me semble. Être dehors, me balader, faire du vélo, et voyager… Je suis de ceux qui ont du mal à concevoir la vie comme une épreuve à traverser. J’aime plutôt à penser que si on a une vie c’est pour en disposer et la créer à notre image. Avancer dans la vie me permet de me rapprocher de celle que j’ai envie d’être. Vivre en adéquation avec ce que je pense fait pour moi partie de ce choix.

Facile quand on est seule, qu’on a que soi à penser !!!
Et oui, heureusement, il n’y a pas que des inconvénients à être seule !! 😉
Mais le fond de ma pensée, c’est qu’on peut tous le faire. Seulement pour faire ce choix, il faut aussi être capable d’abandonner. Abandonner son métier qu’on a mis si longtemps à conquérir parfois, dans mon cas, abandonner, mes élèves que j’adore, des amis des collègues, mon appartement où j’avais créé mon cocon en couleurs, une ville dans laquelle j’ai trouvé de ce dont j’avais besoin pour contribuer à mon bonheur. La ville américaine, et Seattle particulièrement, ça a été une révélation dans ma vie. Le tout accessible 24h/24, 7 jours/7, pour moi c’était juste parfait. Plus besoin de courir pour faire mes courses le soir, je pouvais passer un samedi à dormir pour récupérer de mes insomnies de la semaine, et faire tout ce que je voulais le dimanche. Le cadre aussi était idyllique, l’océan, les lacs, des forêts immenses, les montagnes tout autour et au cœur de tout ça une ville qui vit de musique, de culture, de danse, de fête, de sport… bref si on enlève la fameuse pluie qui arrose « the rainy city »  un peu trop souvent, Seattle c’est un endroit magique à vivre. L’équilibre entre la ville, la campagne, la montagne…

Comment j’ai eu le courage de tout changer ?

Le voyage a toujours été en deuxième sur ma liste. J’y ai renoncé par « amour », je suis partie « par amour »…
Le numéro un, c’était l’Amour, évidemment avec un grand « A ». Sans passion, rien ne m’anime à vrai dire . C’est ce qui m’a conduit jusqu’au Etats-Unis, car si je voulais enseigner à l’étranger, je rêvais plus d’Afrique que d’Amérique.
Quand notre histoire s’est arrêtée, tout à basculé, mon petit monde parfait s’écroulait. J’avais assez de raisons pour voir qu’il y a avait des tas de choses que j’aimais et que j’allais sûrement regretter de quitter, que ma décision ne serait pas facile ni à prendre ni à assumer peut être. Mais cet environnement que je percevais comme le lieu de ma vie rêvée est soudain apparu comme une prison de plus dans mon univers. Celle de mes souvenirs.
Je me disais que renouveler mon VISA et poursuivre ma vie comme si rien n’avait changé était un leurre. Que ce n’était pas la solution qui m’aiderait à remonter et à sortir de ma tristesse. Je ne sais pas si il y avait une bonne solution. Mais j’ai immédiatement pensé que seul un projet neuf, qui m’était mien, quelque chose d’aussi important à mes yeux que ce que je venais de perdre pourrait me donner la force de me propulser à la surface et de reprendre mon souffle. Je suffoquais et il fallait que je respire. Alors, j’ai refusé de renouveler mon contrat et de présenter un dossier pour renouveler un VISA aux USA. J’ai réfléchi, beaucoup (comme à mon habitude), j’ai appelé mes amis pour demander conseil. Ils m’ont presque tous dit « fais le, c’est ce dont tu as toujours eu envie ». Quand à ceux qui m’ont suggéré de bien réfléchir pour ne pas m’embarquer sur un coup de tête, ils m’ont permis d’accélérer ma décision car j’ai réalisé que cette réponse je ne voulais pas l’entendre. J’avais besoin d’être confortée dans mon choix, mais ma décision était déjà prise.
Oui j’ai toujours eu envie de grands voyage, depuis mon adolescence, faire le tour du monde est en haut de ma liste de grands rêves à réaliser dans ma vie. En partant vivre à l’étranger j’avais déjà assouvi en partie ce rêve. Brisé une sorte de carcan qui m’étouffait. Mais partir, face à l’inconnu, seule (car au fond, je l’avais plutôt envisagé à deux ce voyage auparavant) face à moi même, apprendre à me débrouiller sans personne ou avec des gens que je connais peu ou pas, prendre des décisions sans quelqu’un pour m’assurer de mes choix, aller à droite plutôt qu’à gauche quand on n’a pas une boussole dans la tête et que même choisir un plat sur une carte au resto relève du choix cornélien, autant dire que je m’embarquais dans l’aventure de ma vie. Je savais aussi, qu’échafauder mon plan m’occuperait l’esprit et m’encouragerait à avancer.

Concrétiser mon rêve en 3 étapes ! 

 

  • Je voulais réaliser Mon Voyage. Je suis devenue ma priorité, je me suis choisie moi. Assumer mon choix, commencer à parler de mon projet, avancer mes pions pour m’empêcher de reculer. Ne pas laisser mes peurs me paralyser et me faire renoncer. Car ce n’est pas un atout pour le voyage en solo, mais j’ai toutes les peurs de la Terre et angoisses imaginables ancrées dans mes gênes! Il y a une chose en revanche que je me suis toujours refusé, c’est de laisser ces peurs contrôler ma vie ou la ralentir. Forcément je réfléchis à deux fois avant de me lancer, je pèse le pour et le contre plus longtemps que d’autres. Mais au final je me force à prendre des décisions en suivant mon instinct et en m’auto-rassurant quant à tous les scénarios catastrophe que je peux imaginer. Et de ce côté, j’ai une imagination débordante! Enfin, annoncer à mes parents ma décision (même à 35 ans, j’avais presque besoin d’une permission!) a rendu mon choix bien concret.

 

  • J’ai commencé par regarder l’état de mes finances car je n’étais pas vraiment une grande économe. Et pour vivre un an sans ressources, il me fallait quand même un minimum de réserves. Je me suis rendue compte à ma surprise que par miracle j’avais un peu d’argent de côté (J’avais l’habitude de garder une réserve depuis que je vivais aux Etats-Unis au cas où j’aurais dû être hospitalisée, le système de sécurité sociale n’étant pas vraiment celui de notre bon système français). Après avoir jeté un œil sur quelques blogs de voyages, j’ai aussi réalisé que ce que j’avais était un peu limite et qu’il faudrait que je commence à économiser pour de vrai ! Challenge !

 

  • J’ai fixé le début de mon voyage: une date/ une destination. Et puis j’ai acheté un premier billet! Une copine m’a suggérer de faire une liste de pays où je souhaitais aller pour avoir une direction. 4 ans plus tard, cette liste n’est toujours pas terminée. Le plan de route a souvent changé. Mais je peux dire que j’ai réalisé mon rêve. Même au- delà de tout ce que j’avais pu imaginer.

Si j’avais un conseil à te donner…

Fais-le ! Mets un peu d’argent de côté. Et honnêtement il y a des tas de façons d’y arriver. Quand tu t’y mets réellement, tu te rends compte que les choses avancent. Il y a aussi plein de petits boulots à faire en route pour compléter ton budget. Aujourd’hui voyager ce n’est plus jouer à Indiana Jones comme il y a 30 ou 40ans. On voyage connecté, il y a plein de sites pour être logé, nourri en échange de quelques heures de volontariat, voir même gratuitement. Les billets low-cost rendent le voyage bien plus accessible aussi. Les blogs, les groupes fb, les forums sont de mines d’or pour t’informer et t’aider à construire ton projet.

Tu n’auras de toute façon pas les mêmes besoin en tant que nomade, que dans ta vie sédentaire. Plus de factures, plus d’impôts, plus de loyer, d’assurances en tout genre (sauf ton assurance voyage !). Moi je n’avais même plus de téléphone !

Il reste quoi à payer au final ? ton logement (et encore pas toujours), ce que tu manges ( tu peux revoir tes standards), pour le reste, la beauté du monde qui t’entoure fera surement de toi la personne plus heureuse qui soit !

Partir c’est plus une histoire de choix à faire. Fais le premier pas vers ton rêve et choisis de le réaliser ! Le reste suivra !

Ma première année en voyage solo fut de loin, la plus belle de ma vie. La liberté, la confiance que j’ai gagné en moi et mes possibilités, en l’autre aussi. Les gens que j’ai rencontrés, toutes les aventures qui ont fait de mon voyage une expérience inoubliable sont des cadeaux inestimables. Je pense qu’aucun « travail » n’aurait pu me donner autant de choses en une année à ce moment là de ma vie.

Le bonus, c’est qu’aujourd’hui je sais exactement ce que j’attends derrière le mot « travail ». Et tout doucement, pas pas, j’avance vers mon prochain rêve.

Alors, tu pars quand ? 

Si tu veux plein d’infos pour démarrer, puis te lancer, télécharge mon ebook juste en dessous de l’article 😉

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2 thoughts on “L’histoire de ma vie d’instit à ma vie nomade

  • 11 juillet 2017 at 22 h 15 min
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    J’adore découvrir des gens qui ont des voyages une façon de vivre.
    C’est tellement enrichissant, à chacun son histoire.
    Je vais continuer de suivre tes informations et tes récits. Je garde cet article sur Pinterest comme un reminder. Merci !

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    • 3 septembre 2017 at 22 h 46 min
      Permalink

      Merci beaucoup, j’espère que la suite de l’aventure te plaira tout autant. L’aventure de la vie c’est quand même quelque extraordinaire. Quelque soit l’histoire. Ca me fais plaisir que tu es envie de suivre la suite. A bientôt, Caro

      Reply

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