Laos : 3 jours de trek dans la jungle

Luang Namtha

Je pars dans le nord dans l’idée de trouver un camping dans la jungle. A Luang Namtha, je réserve un trek de 3 jours.

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Après une journée de récupération, un bon resto, une douche…

Départ pour l’aventure

Montée dans le mini van qui pue la mort ça te donne un aperçu du truc couleur locale. Tout de suite dans l’ambiance !

♥ Stop au « morning market »

viande, fruits, légumes et autres, c’est un peu le supermarché du coin à ciel ouvert ….

Le guide demande si il y’a des végétariens dans le groupe : juste une !

Mais au retour du marché je me sens soudainement l’envie de devenir végétarienne ! Premier étalage de viande, un chien en pièces !!!!! La tête, les pattes, et tout le reste disposé en ordre sur la petite table. Le tout aéré avec un sac plastique agité par la vendeuse tout autour. Hmmmmmm ! Bon appétit bien sûr !

 

Le mini van repart repart en direction d’un village au bord de la route. C’est là où notre trek démarre.

♥ 3 jours et c’est parti!

3 bouteilles d’eau dans le sac pour balade à travers la jungle. Autant te dire qu’il n’y a pas grand chose d’autre dans mon petit sac à dos !

Nous traversons à pieds le petit cours d’eau qui sépare le village de la jungle, puis ça grimpe dur. Après quelques heures de marche on a enfin la pause pique-nique.

Pour déjeuner on s’arrête au milieu des arbres. Nos guides locaux disposent des feuilles de bananes pour s’asseoir et pour servir la nourriture.

Notre festin du jour se compose de petits morceaux de viande, j’espère juste pas un bout de chien !

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Encore quelques heures de marche, avant l’arrêt final au milieu de la jungle.

♥ Une nuit en pleine jungle laotienne

Les guides sortent les machettes et tranchent bananiers après bananiers pour récupérer les feuilles. Nous construisons un abri pour dormir. La suite de l’après-midi consiste à préparer le repas avant la nuit. T’oublies le four à chaleur tournante que nous n’avons pas dans nos mini sacs !

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  • Première étape, aller chercher de l’eau au ruisseau. Dans nos bouteilles déjà vides ou dans des longs bambous coupés à la machette en deux temps trois mouvements. Outil qui semble soudain indispensable pour ce genre de trek !
  • Deuxième étape: faire chauffer l’eau. Ils installent sur un petit feu les bambous dans lesquels il y a l’eau. Le riz est enveloppé dans des feuilles de bananes, idem avec le poulet. Puis il suffit de plonger les feuilles de bananes dans l’eau bouillante du tube. Après 2 ou 3 heures à bouillir dans le bambous, c’est prêt! Tout simple 😉

Pendant ce temps notre abri pour la nuit à bien pris forme. On peut donc passer à table. C’est dans ces moments là où tout prend un goût magique.

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♥ Rebondissement de fin de soirée

Alors qu’on est déjà presque tous couchés sous la moustiquaire, notre copine espagnole du groupe interrompt son monologue avec le guide (qui heureusement pour lui s’enquille d’alcool de riz pour faire s’écouler le sablier). Elle pousse un grand cri annonciateur de l’arrivée d’un serpent sur notre camp !!! Blanc et noir, le reptile va se stopper net, quand l’un de nos potes locaux, (qui en plus de préparer le feu, la bouffe, la cabane, trancher à la machette les bananiers et les bambous, ramasser des pousses et des plantes pour le repas au cours de la balade, porter toutes nos vivres sur leur dos) sort sa machette et assomme le visiteur.

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Il lui tranche la tête pour éviter tout problème ! Et voilà, une fois de plus on est tous scotchés! Ces gars seraient sans aucun doute les grands vainqueurs de Koh Lanta!!!

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♥ Toujours en vie après la nuit

Réveil à 5.30 am. Nos guides qui se sont couchés après s’être vidé la bouteille d’alcool de riz, au son de leurs tel portables (qui ne servent plus ou moins qu’à la musique) se lèvent pour préparer le déjeuner.

On remet les tubes de bambous remplis d’eau sur le feu, ils y déposent les feuilles de bananes pleines de riz pour les réchauffer, dans l’autre ils préparent notre repas du midi, tomates, thons… Dans un grand pochon en feuilles de bananes, ils font cuire une omelette avec des haricots. Vers 7.30, c’est prêt. Tout le monde réinstalle la table. Au menu, pas de surprise: sticky rice!

Faut pas déconner non plus, on peut en faire des trucs avec des bambous, mais on a pas encore le plan pour en sortir un fondant au chocolat !

D’ailleurs notre petit guide nous apprendra plus tard que le laotien à la fin de son repas mange plutôt épicé que sucré (c’est peut être aussi ce qui explique qu’il n’ont pas l’air de se faire attaquer par les moustiques!

Toilette rapide, comme on peut quoi, (ps : n’oublie pas tes lingettes tout terrain quand tu pars dans la jungle ! élément essentiel à ta survie !!)

♥ Immersion dans un village Laotien

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Nous marchons maintenant à travers la forêt en direction du village d’une ethnie « Lahu ». Les Lahus appartiennent à une ethnie d’origine chinoise parmi les 47 différentes minorités du Laos.

Le village est perdu en haut de la montagne à 1600 mètres d’altitude, ça monte, ça descend, ça glisse.

Quand on s’en approche enfin, nous constatons que toute une partie de la forêt est brûlée. Le guide explique que c’est pour planter le riz (vous l’aurez compris, le guide explique donc plein de trucs !)

Dans le village, il y a une grande descente pour aller à la douche. En fait, il faut rejoindre la rivière en contrebas du village. Le chemin est caillouteux, étroit et très glissant. Les femmes portent des paniers sur la tête, accrochés par une sangle sur leur front. Elles semblent se déplacer facilement et avec une certaine agilité qui me manque. J’ai bien du mal pour ne pas glisser sur le chemin avec mes tongues aux pieds ! Je réalise assez vite, qu’on n’a pas du tout les mêmes aptitudes physiques !

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Les Lahus viennent à notre rencontre

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Dans un coin du village, les enfants lancent des gros haricots ronds les uns contre les autres du bout du pied, à la main ou coincés entre les genoux, le but semble toujours plus ou moins le même, faire tomber ceux plantés au sol. Je tente de comprendre les règles pour faire une partie avec eux.

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Le soir venu, nous assistons à un coucher de soleil magnifique sur les montagnes à l’horizon. Le calme tombe lui aussi doucement dans le village.

Nous avons la chance de visiter l’une des familles. L’homme a 75 ans, il est surnommé « superman » par notre guide car son dernier fils n’a que 5 ans. Il vit avec sa femme et ses derniers enfants. Son fils de 14 ans ne rentre que le week end. Il est le premier du village à aller étudier. Dans la semaine il va donc à l’école dans un autre village. Sa scolarité est subventionnée par L’état.

Nous l’avions repéré de loin car c’est en fait le seul à porter un jean et un t-shirt. C’est en quelque sorte le « mec fashion » du coin. Au cas où tu n’as pas repéré « le beau gosse du village », tu as de grandes chances de l’entendre arriver ! Il se trimballe avec sa sono (genre gros poste de radio Fisher price) autour du coup à fond la caisse sur la place du village !

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Le matin, au réveil, je vois derrières les lattes de bambou de notre maisonnette, les lahus. Ils nous observent. Les mères et leurs enfants, quelques hommes, des jeunes filles entrent.

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♥ Qui est le plus curieux des 2 ?

Les gens du village viennent nous voir les uns après les autres, certains osent entrer et restent à nous observer quelques minutes avant de repartir. D’autres restent cachés derrière la porte et tentent d’apercevoir ce qui se passe à l’intérieur entre 2 branches de bambou. Quelques sourires timides, parfois des échanges. Ils aiment se regarder dans la tablette comme dans un miroir, ça les amusent de se découvrir. Quand aux filles, elles aiment mes bracelets, vu comme elles les touchent, les regardent. Je décide de me séparer des 2 petits en perles que maman m’avait offert à Bali en échange de 2 beaux sourires.

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J’adore la coiffure des filles : un petit chignon enroulé sur le front tenu par un peigne avec aux deux extrémités des pompons de couleurs.

 

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L’une d’elle a 14 ans, elle dort dans une des petites cabanes que l’on voit partout dans le village (moi je pensais que c’était la maison des poulets, bon bah c’est pas ça du tout…)

Dans le village chaque fille construit seule, sa propre cabane quand elle se sent prête à trouver un mari. Elle se fait aider de ses copines. Puis, elle pourra dormir dedans et se laisser séduire en toute discrétion par les gars du village qui viennent lui rendre visite la nuit au pied de la cabane. Il existe au Laos, d’autres ethnies oú la coutume est inversée.

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♥ Dernier petit déjeuner

La bouilloire sur le feu qui a tenu toute la nuit dans notre petite cabane. Le feu sert à chasser les moustiques et nous enfumer par la même occasion. Un café, des nouilles chinoises, une fois le tout avalé, brossage de dents et pour les plus téméraires un tour aux toilettes.

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Comme souvent en voyage, cet instant intime perd toute pudeur !!

♥ L’anecdote du jour

Une petite explication s’impose car dans le village c’est bien plus compliqué que dans la jungle pour trouver un coin paisible !!!

Conseil du guide:  » if you go for « number 2″ take à stick with you because the pigs will follow you! » 

En gros, petite traduction rapide : si tu vas chier, prends un bâton pour chasser les cochons (je sais ce n’est pas très classe mais là c’était pas le moment de jouer les difficiles ).

Bon bah pas de caca pour moi, ça va de soit !!

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Par contre l’hollandaise du groupe, elle, n’a pas froid aux yeux. Elle se lance à l’aventure armée de son bâton.

Elle revient après sa courte expédition dans notre cabane et m’explique texto: « I was doing my job and took a stick with me, but the pigs where 7 around me, I couldn’t manage all of them!! »

Je laisse soin aux imaginations débordantes de se représenter notre hollandaise assez grande et massive, accroupie dans les buissons en contre-bas des maisons du village, encerclée par 7 porcs noirs qui la reniflent, en train d’agiter un bâton pour les chasser. Perso, j’ai pas pu me retenir d’éclater de rire 😉

Bref, pas facile pour notre copine de trek, qui déjà la veille n’avait pas réussi à s’alléger car elle avait été suivie par un cochon ! C’est aussi celle qui hier encore, s’est pris un essaim d’insectes volant dans les yeux, une sangsue dans le sous-tif… Bref, l’aventure c’est l’aventure !!!

Comme elle dit au retour « I can’t say it was « fun » but « interesting » maybe. » Pour moi, j’ai trouvé ce trek vraiment cool pour finir cette étape au Laos.

♥ Le retour

Nous marchons en direction d’un des villages en bord de route. Descendant à travers les paysages de montagne cette fois, nous apercevons les plantations de riz, les champs. Comme à l’aller, nous traversons le ruisseau et nous arrivons enfin à notre lieu de rendez vous avec la camionnette qui nous ramènera à Luang Namtha.

Avant de quitter définitivement la campagne Laotienne, nous mangeons notre repas, dans l’une des maisons du village.

Au loin, résonne une petite musique. Tous les enfants sont autour de la mobylette rouge avec une glacière sur le côté! C’est le marchant de glaces local !

Après le régime au riz de ces 3 derniers jours, c’est l’occase d’un petit cornet de glace pour nous aussi !

Maintenant, seules idées en tête sur le retour : un bon resto et une douche!

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 @ Luang Namtha- Laos
♦ Ce trek fut l’un de mes meilleurs souvenir en Asie.
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One thought on “Laos : 3 jours de trek dans la jungle

  • 6 juin 2017 at 13 h 15 min
    Permalink

    Un lecteur m’a posé une question en privé qui servira peut être à d’autre …

    Comment est-ce que tu t’es fait comprendre, et comment as-tu compris tout ce qu’on te racontait dans ce tour ? Est-ce qu’ils parlent vraiment bien anglais au Laos ?

    Pour communiquer il n’y a aucun soucis avec l’anglais. Evidemment il faut s’adapter à l’anglais avec l’accent asiatique mais comme les autres doivent s’adapter à notre super accent français. Ce voyage c’était il y a 3 ans déjà, j’espère que le coin est toujours aussi préservé. Mais en ce qui concerne ce trek en particulier c’était le but initial de l’association qui organise les trek de préserver ces villages éthniques. Sur place le guide parle anglais et le dialecte du village et il fait l’interprète. Pour les relations avec les gens beaucoup de m$la communication passe par le nom verbal, c’est ce qui fait la magie du voyage.
    Quand au lieu de réservation du trek, c’était deux français à l’époque qui faisaient du volontariat sur place, donc on pouvait même avoir l’info en Français.
    Si tu aimes ce genre d’ambiance, va en Birmanie (Myanmar) si tu en as l’occasion, c’est vraiment génial et tu retrouves ce genre d’ambiance 😉

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