Livre en construction : Ma liberté

Un ami de blog m’a lancé un défi que j’ai décidé de tenter.

Clairement je déteste écrire et passer du temps derrière un ordi pendant mes voyage. Pour moi c’est une perte de temps et ça me frustre vraiment de me consacrer à cette activité alors que là dehors la vie bat son plein.
J’ai du mal à écrire que ce soit sur le blog ou pour mon livre (car oui depuis maintenant pas mal de temps j’en ai commencé un que j’ai laissé de côté).

Le challenge qu’il m’a lancé consiste à rédiger au moins une page par jour pendant mon voyage. De m’imposer une routine (ce dont j’ai aussi en horreur). Mais peut être que l’expérience me prouvera que je me trompe !

J’ai choisi de te partager les avancées de mon travail au fur et à mesure. Je reçois toujours beaucoup de questions concernant le pourquoi et le comment de mon départ en tour du monde, dans ce livre, j’aborderai à travers cette expérience, un certain rapport au temps, aux choses, aux gens, à la société en général, à l’argent,mais surtout  à la liberté, qui au fil du temps est devenue mon véritable moteur.


Premier jet:

C’était un soir en février 2013. J’étais dans mon studio à Seattle où je travaillais comme professeur des écoles dans une école française.

Est ce que j’ai eu peur de tout quitter?

Est ce que j’ai toujours pensé que tout se déroulerait ainsi?

Est ce que j’avais un plan pour rassurer ma famille?

Est ce que tout était parfait au départ?

Et qu’est ce que ma vie m’apporte?

Si j’avais attendu d’avoir toutes les réponses et les solutions en main pour mettre un pied devant l’autre et partir à l’aventure en sécurité totale, je pense que je serais encore là où j’étais il y a 5 ans. Avec un nombre de plaintes en plus et prise d’un ennui mortel, ruminant mes rêves laissés de côté avec une seule question ne tête: « Et si je l’avais fait ? »

Je ne dis pas que tout le monde doit voyager pour s’épanouir, mais que chacun doit prendre « Sa Liberté ». Chercher ce qui l’anime vraiment au plus profond, ce qu’il veut transmettre dans cette vie, le pourquoi il se lève chaque matin avec envie, le comment atteindre ses buts et la mise en oeuvre de ses aspirations, de ses rêves. L’horizon est infini et on nous a si bien formaté qu’on en penserait presque que les oeillères posées sur les côtés sont la limite des possibles.

Alors que les possibles nous entourent. Penser qu’ils existent c’est déjà en voir plus. Devenir acteur de son existence et non victime de celle des autres. Etre créateur de sa vie de ses envies. Se donner le droit d’agir, même de façon irraisonnée, être un peu fou, spontané. Croire en son étoile.

« Va, vis et deviens… »

L’enlisement et l’immobilisme n’ont jamais fait tourner le monde, alors nous aussi tournons. Tournons sur nous-même, transformons-nous par l’inertie du mouvement et embarquons pour un merveilleux voyage. Qu’il nous emporte aussi loin que nos rêves peuvent l’imaginer et plus encore, là où ça serait trop beau pour être vrai!

Le déclic

Je tournais en boucle l’histoire dans ma tête. Comment était ce possible, comment avais-je pu ne pas voir arriver cet ouragan dans ma vie. Moi qui vivais ma relation parfaite avec l’homme de ma vie au pays des Bisounours. Comment ne me suis-je pas rendu compte qu’on ne vivait pas dans la même histoire.

Et là, que vais-je faire ici et maintenant?

Continuer ma vie comme ci de rien n’était. Me lever chaque matin et partir enseigner dans ma classe de maternelle avec un sourire forcé. Oui, j’adorais enseigner, mais tout à coup, ce rêve là ne me suffisait plus.

Lui, était parti, et ma joie de vivre avec. Déjà je commençais à me plaindre pas mal du boulot. Mais là, est ce que je vais toujours l’aimer autant cette vie américaine sans mon compagnon de road trip? En fait je pourrais continuer à aller voir des ballets, assister à des concerts, découvrir des nouveaux restos ethniques, tout ce que j’aimais faire avec lui, je pourrais dans l’absolu continuer à le faire seule. Mais crois-moi ou non, ceci ne m’est pas venu à l’esprit à ce moment là. Tout ce qui me venait, c’est: vivre la même vie ici mais sans lui c’est juste trop fade. C’est un beau gâteau qui n’aurait pas de goût en quelque sorte. Je ne me voyais pas continuer à tourner en rond dans ma vie, en me demandant chaque jour si j’allais remonter la pente. Si l’enfer où je me trouvais, allait un jour subitement redevenir le paradis où nous vivions. 

Et puis, plus que tout, je pleurais d’avoir perdu son regard, en fait mon regard. J’aimais la façon dont je me voyais à travers ses yeux. Quand il me regardait, je me sentais exister! Quand j’ai réalisé ce vide en moi, j’ai compris qu’il était temps de changer de cap. Il était devenu évident que je devais me sentir exister à travers mes propres yeux.

Et pour ça , je devais me prouver que même seule je pouvais réaliser mes rêves. Alors, puisqu’il était parti, ce rêve de construire une vie ensemble, je décidais de faire une croix dessus.

La vérité, c’est qu’elle était toute petite la croix! Et pendant longtemps j’ai eu du mal à l’accepter.

Mais en tout cas, j’ai fait monter mon deuxième rêve en tête de liste : Voyager.

Partir faire le tour du monde. C’était là, en deuxième dans la liste de mes envies. En deuxième depuis trop d’années. D’aussi loin que je me souvienne, depuis mon adolescence. A la même période je commençais à tomber amoureuse. Et secrètement j’espérais trouver celui qui m’emmènerait avec lui. Mais voilà, ce n’était manifestement pas la priorité des hommes que j’ai croisé sur ma route.

A 35 ans, je m’engageais donc à vivre mon rêve par moi-même, sans plus attendre, ni rien ni personne. Je voulais me sentir exister à nouveau. Il fallait que je fasse de ma vie une expérience à la mesure de mes rêves. J’avais besoin de me prouver que je pouvais le réaliser.

J’avais envie de vivre ma vie. Je ne voulais plus subir un système, me contraindre aux horaires et à la routine sempiternelle de l’école. Soudainement tout ce que mon entourage percevait comme mon confort, m’est devenu terriblement inconfortable et ennuyeux. Je le voyais comme une petite mort en attendant que la vie passe.

J’avais envie, d’espace, de grand air, de liberté, de me nourrir de nouveauté, d’expériences, de rencontres.

J’avais envie d’aller, de partir, d’avancer.

Pour répondre à ma rupture qui m’avait figé dans la tristesse, je ne voyais que cette alternative pour me reconstruire, me redonner vie, retrouver le sourire et l’envie. Me nourrir de l’aventure, des rencontres et de la découverte. Ma façon à moi de me propulser vers la surface, quand tu as la sensation profonde de toucher le fond.

Alors, j’ai cherché les possibles.

Un tour du monde , il faut faire quoi au juste pour partir ?

Acheter des billets? Savoir où on veut aller? Avoir un budget pour X mois sans travailler? Est-ce que j’avais tout ça? Est-ce qu’il fallait tout ça? Je n’en avais aucune idée.

J’ai donc commencé à jeter un oeil sur les blogs de voyages. Je me suis laissée inspirée par les destinations des autres. Puis j’ai évalué le montant de mes économies (sachant que je ne suis pas de nature économe) et surtout j’ai réfléchis comment mettre en quelques mois, l’argent qui me manquait de côté.

Peu importe la somme. Je pensais que partir avec ce que j’avais me ferait déjà voyager un peu. Si ce n’était que 6 mois, ça serait déjà magique. Et puis j’avais envie de voir tellement de choses. Je rêvais notamment de voir l’Asie et de rendre visite à ma meilleure amie en Argentine. Pour le reste seule l’expérience m’importait.

J’étais alors incapable de nommer tous les pays d’Amérique du Sud, chose que je peux réaliser les yeux fermés dans l’ordre à présent. Je suis devenue championne en capitales, surtout concernant les pays dont j’ai visité les aéroports. Je peux mener une conversation en espagnol, alors que je ne parlais pas un mot avant mon départ.

Bref, je n’avais rien planifié vraiment, mais le jour où j’ai décidé de le faire. Tout m’a semblé limpide. Et comme par magie, les pièces du puzzle, se sont imbriquées les unes après les autres.

« Un voyage de mille lieues à commencé par un pas. » Lao Tsung

A commencer par la première étape: faire une demande de disponibilité auprès de l’éducation nationale et attendre la décision de l’inspecteur.

Car sans son approbation, je ne pouvais rien faire. Car je n’étais pas prête à démissionner. J’avais cette chance de pouvoir profiter d’une année sabbatique, je l’ai prise. Et j’ai entamé ce que j’appelle aujourd’hui ma mini-retraite. Ce break dans une vie pour profiter de son temps avant qu’il s ‘évapore.

Devenir enseignante aussi c’était un rêve. C’est arrivé tout doucement, mais  il ne me portait plus comme à mes débuts. Je me disais il y a 4 ans, que si je n’avais pas en moi suffisamment d’enthousiasme pour livrer le meilleur à mes élèves, qu’il valait mieux que je m’occupe de moi. Partir pour mieux revenir et ne pas devenir une vieille instit aigrie, se plaignant de tout.

Hors de question de faire ça à mes élèves. Hors de question de me faire ça  à moi non plus.

Le mieux était donc de prendre du recule et du temps pour moi. Assouvir mes envies, me sentir plus accomplie, me sentir « en vie », pour retrouver « l’envie ». Libre de mes mouvements, je n’aurais plus à subir les remontrances telle une petite fille  pour 2 minutes de retard. J’avoue ne pas comprendre un monde à horaire bien fixes. Pour moi, la Terre ne s’arrête pas de tourner à deux minutes près.  Au pire tu rates, un bus, un train, un avion … il y en aura un suivant.

Bref dans ma nouvelle vie, je jetais ma montre (que je n’ai jamais eu) mais surtout je n’aurais plus à me farcir celle des autres!

Tout quitter, recommencer

Et oui un voyage au long court, le genre de délire qu’on ne fait qu’une fois dans sa vie.

La folie qu’on s’autorise à 20 ans avant de rentrer dans la vie active, pour prouver à ses parents que l’on peut vivre sans eux, parce qu’on est en recherche d’autonomie, de sensations fortes et d’expériences de vie. Besoin de sortir de ton cocon, de quitter la maison, de t’envoler pour de vrai.

A avec « la crise de la trentaine » parce qu’on a pas encore de mec, ni d’enfants, ou pire que tu viens de te faire larguer alors que tu pensais te marier. Besoin de t’aimer toi, de te nourrir de nouveauté, de rencontrer, d’ouvrir ton horizon, de sortir de ta zone de confort, d’oser…

A celle de la quarantaine parce qu’on vient de se faire larguer, (et oui encore, chienne de vie!) qu’on se remet d’un divorce ou d’un burn out, ou encore parce qu’il est temps de donner du sens à ta vie, de vivre l’instant présent, de réaliser ses rêves trop longtemps mis de côté. Tu l’auras sûrement compris j’approche cette étape, et je n’ai que plein d’idées sur l’étendue du sujet lol!!!

Et puis j’imagine à celle de la cinquantaine parce que les enfants sont partis et qu’on ressent un grand vide dans sa vie. Depuis des années tu t’es consacré à ton mari, ton boulot, tes gosses, les aller/ retour au entraînements de foot 3 fois par semaine et au match le samedi et le dimanche. Tes économies étaient consacrées aux cours de maths particulier de ta fille qui prépare son BAC S depuis la seconde. Bref, 30 ans de sacrifices, et enfin, tu voudrais que ton temps t’appartiennent. Pouvoir investir dans toi même, après avoir consacré ta vie aux autres. Retrouver ne serait-ce que quelques semaines la tranquillité d’une vie sans attache. Là évidemment ce n’est que suppositions car je suis encore loin de ces problématiques.

Alors, peut être hésites-tu encore, peut-être repousses-tu à plus tard ce projet un peu fou ?

A la soixantaine, « la retraite en bout de course »? Toutes ses années à bosser de 9h à 18h, de te lever chaque matin, pour accomplir ta mission. Celle que tu t’es choisie. Mais bientôt tout ça va s’arrêter. Si à présent tu pouvais vivre tes rêves de jeunesse. Si tu t’autorisais à profiter de ce temps libre bien mérité. Si tu faisais quelque chose qui deviendrait un souvenir inoubliable au moment de faire le bilan de ta vie. Si tu ajouter de l’expérience à ta vie déjà bien remplie.

J’ai rencontré lors de mon voyage ses jeunes retraités. Qui se réalisaient dans une vie, plus légère. Qui avaient lâché les amarres pour redonner un souffle à l’existence. Pour vivre simplement au gré du vent. Et j’ai trouvé ça beau.

Le voyage embarque toutes les générations, il n’a pas d’âge, ni de sexe.

Déménager

J’avais estimé le temps pour remballer mes trois ans de vie, dans mon petit studio de Seattle à environ 3 jours.

Non, je ne menais pas une vie de moine bouddhiste minimaliste à cette époque. Par contre j’avais clairement sous-estimé le temps d’un déménagement !

Je devais donc trier, emballer toutes mes fringues, mes chaussures, mes livres, mes peintures, mes sacs à main, mes bijoux, mes papiers, mes cahiers. Au fond, qu’est ce que j’allais garder de tout ça?

J’ai commencé à réfléchir au moment de la mise en carton. Entre les objets sentimentaux qui me rappelaient mes 3 années passées ici, mes tickets de concerts, de cinéma, d’un match de baseball des Mariners ou des Huskies  en football américain, des bouts de papiers gardés en souvenir de ceci ou cela. Un billet pour le Ferry vers, les San Juan. Mes dizaines de magnets collectés au cours de mes séjours au États- Unis, dans les grandes villes ou les parcs naturels nationaux d’une beauté époustouflante. J’en avais accumulé et il était temps maintenant de vider.

Moi qui ne jette rien, cet exercice fût un supplice. Heureusement ma copine Marie était là pour m’aider. La reine de l’organisation. Elle rangeait, nettoyait à une vitesse folle alors que j’avais l’impressionne tourner en rond au milieu de mon bazar. On remplissait les cartons et les sacs poubelle. Qu’est ce que j’allais faire de tout ça?

Encore un truc auquel je n’avais pas pensé! Les cartons étaient donc plein et moi j’étais vidée !

Plus le temps de réfléchir où emmener les meubles, à qui donner. Vendre? Je n’y avais même pas songé. Je n’avais tout simplement pas réalisé à quel point j’avais acquis un tas de choses au cours de ce temps si court. Arrivée avec trois valises, me voilà me débattre avec l’équivalent d’un container de 15 m2.

Seule solution, étant donné l’état choses, tout laisser sur le trottoir.

J’avais le rendez-vous pour rendre les clés aux propriétaires qui approchait. Et mon espace ne se désemplissait pas beaucoup.

J’appelle alors quelques amis à la rescousse. Chacun pioche une bricole qu’ils aimerait garder. Puis ni une ni deux on transporte l’intégralité de l’appart à l’extérieur. Les premiers passants, jettent un oeil et repartent avec leur cadeau du jour. Au choix, un canapé ou un fer à repasser…

Mon sac me paraissait si petit, je décidais d’emporter avec moi une valisette. J’ajoutais mes essentiels. Ma trousse à bijoux, une trousse de vernis, mes sandales talons compensés. Mon ordinateur de plus de 2kg…

Oui je sais, la meuf qui part en backpacking et qui se trimballe une mini maison, ça peut paraître étrange.

Mais à ce moment là, tout ce que je voyais c’est que j’abandonnais tout. A mon sens ma valisette et mon sac de 80 litres c’était vraiment réduire au minimum. Je crois que ça me paraissait normal pour un voyage qui pouvait être très long de prévoir de quoi m’adapter à toutes les situations.

Le mec du tour du monde en 80 jours, il voyageait avec des grosses malles non?

Mais il y a 4 ans, les groupes Fb, n’hésitaient pas encore et ma vision du voyage était bien naïve. Je n’avais personne à qui demander conseil. Je regardais juste les vidéos d’Alex, un gars qui raconter son tour du monde sur youtube. Il me faisaient rêver avec les paysages plus magiques les uns que les autres qu’il montrait. Mais son mini sac à dos, je me disais seulement que c’était un truc pour les mecs, impossible pour une fille.

Bon depuis j’ai rencontré des tas de filles avec des sacs à dos vraiment pas gros. Mais moi, bah c’est un exercice pour lequel je galère toujours. Rien de changé ou presque.

Je fais pourtant tout dans l’ordre, les fameuses trois piles ! Celle avec le strict nécessaire, la pile « peut être » et celle « superflu ». Mais au final même le superflu peut me paraître tellement nécessaire. Apprendre à minimiser , à choisir, à laisser. Ca aura été pour moi un véritable exercice ces dernières années.

Depuis, j’ai largué la valisette, troquée contre un petit sac et je suis passée,d’un sac à dos de 80 Litre, à un 60 litre.

Bon enfin, après mon sacré déménagement, le tri de mes fringues et autres objets en tout genre bien sélectionnés, me voilà prête à partir avec ce sac géant de 80 litres pour mon mètre 58 et ma valisette en bagage à main.

Quand je dis prête à partir, bien sûr ça voulait dire, j’ai vidé l’appart et j’ai choisi ce que j’emmène. Marie m’hébergeait chez elle pour mes dernières nuits et me guidait telle ma lumière au bout du tunnel.

Oui parce que figure toi, que tu te casses pas comme ça d’un pays où tu as vécu 3 ans.

Il fallait encore que je trouve où laisser les cartons et les fringues que je voulais conserver.

Puis il y avait un passage à la banque pour mettre à jour la CB, et préciser que tu auras des retraits à l’étranger les mois à venir.

Le rendez-vous à la poste pour effectuer le changement d’adresse, puis aller faire résilier mes abonnement d’eau et d’électricité.

Me débarrasser des 7 sacs poubelles de fringues à donner.

Les derniers achats pour le voyage.

Envoyer quelques colis en France…

Bref, la liste s’allongeais et le temps me filais entre les doigts. J’avais envie d’être dans l’avion rien que pour en finir avec tout ça.

Et puis il fallait dire au revoir (moi qui déteste ça.) Comment te foutre les grosses boules avant de partir quand tu sais que tu revois les gens pour la dernière fois avant longtemps.

J’ai pas fait de grands adieu, mais j’ai tâché de voir chacun avant le jour « J » , conséquences, beaucoup moins pratique et ça prend beaucoup plus de temps.

Bon, le jour du départ approchait… et finalement, ça y est, me voilà dans la file disant au revoir à ma copine. Je fond en larme, lâchant la pression des derniers jours qui ne m’avait pas laisser le temps de trop réaliser.

Mais là, je pars.

Je m’assois dans le petit coucou, de la taille d’un avion playmobile. Moi et ma peur de l’avion, ce petit truc à hélices, je me suis dit que je ne survivrais si ça se trouve même pas au premier vol: Seattle -Portland.

A Portland j’avais ma première connexion en partance pour Montréal.

Alors Montréal ça te paraît fou à toi ?

A moi non plus et c’est bien pour ça que cette première destination m’avait attiré.

En fait c’était un peu comme les vacances scolaires. Je partais mais je ne me sentais pas encore transportée. J’allais donc dans un endroit inconnu, mais très familier. Et pour assurer niveau autonomie, je me faisait héberger par une amie de ma tante.

La grosse folie !!!

Montréal

J’arrive à Montréal, c’est Isa qui vient me chercher. Alors que l’on est en chemin vers la maison, j’aperçoit une fille dans la ville. Elle porte son gros sac à dos (je le trouve énorme!!!! Il est pourtant plus petit que le mien.) et devant un plus petit. Elle lit le plan qu’elle tien dans les mains. A cet instant, je pense: J’ai tout sauf envie de ressembler à ça ! Pour moi , c’est l’image même de la grosse galère. Le tout avec la dégaine de la baroudeur en plein centre cille, tout ce qui ne m’inspire « rien », mais alors « rien » de ce que je souhaite expérimenter. Je me sans alors bien satisfaite de mon choix avec mon sac à dos, et ma petite valise à roulettes. Enfin évidemment tout ça c’était avant que l’aventure ne commence réellement !

Je dois avouer qu’à ce moment là, Isa a été ma bouée toutes ces semaines.  Ma zone de confort. Je ne savais pas comment je voulais voyager, ce que je voulais voir , ce que je voulais faire. Je voulais me laisser porter mais j’étais tendue comme un élastique prêt à craquer. Et impatiente. J’avais du mal à accepter l’expérience de la mise en route.

On a tous notre horloge, certain démarre au quart de tour et n’en rate pas une miette. Je n’ai jamais été comme ça. Dans tout, il me faut une période transitoire, d’observation, avant de passer à l’action.

Et surtout, à me lancer dans l’aventure à l’arrache, je réalisais une fois sur place que je n’avais aucun projet. Je devais donc à la fois construire un projet de voyage et vivre le voyage. Les deux n’étant pas réellement fait pour se retrouver en même temps sur le calendrier.

Et comme j’étais parfaitement à l’aise avec ma décision d’improvisation, que je trouvais très libératrice à l’époque. J’avais occulté les détails.

Dans mon trop plein de bagages, j’avais emporté avec moi le package: ma tristesse, ma séparations, mes séparations, mes angoisses surtout, mon indécision. J’étais là mais je ne savais plus pourquoi, dans quel but? Je me cherchais, j’attendais une réponse magique. Je voulais ressentir un truc immense mais je ne me voyais que dans l’abîme de ma solitude. Comment occuper mon temps? Ou comment ne pas culpabiliser de ne rien faire. Moi qui aime tant flâner, rêver. J’avais l’impression que si je ne partais pas en exploration, je perdais mon temps, mon argent, j’allais à l’encontre de ce que j’attendais de ce voyage. Mais je ne savais même pas définir ce que j’attendais de ce voyage.

J’avais besoin de m’emplir, de me sentir en vie, de traverser des expériences. Mais je tournais en rond, je pensais à mes amis, ma famille, mon année vierge qui s’étendait devant moi. Tout ce vide sous mes pieds, je me sentais me dérober. J’avais oublié que pour toutes chose, il est difficile de construire quoi que ce soit sans base solide.

Et pourtant comme j’en rêvais ! Je rêvais justement. J’étais partie mais je ne me sentais pas présente. Et à vrai dire à cet instant, je ne le réalisais même pas.

Ce n’est pas si facile de réaliser ses rêves , ni même de les toucher du doigt. D’accepter de les embrasser.

Je passais donc mes premières journées, à beaucoup dormir (c’était déjà dans mes habitudes). Puis, j’allais explorer la ville. Je me demandais si ça me plaisait vraiment. Pourtant Montréal est une ville géniale, mais j’étais tellement dans ma tête qu’il était encore difficile de ressentir mon environnement.

J’adorais les cafés et les restos, les parcs avec les piscines municipales gratuites l’été.

Il m’aura fallu ce mois et demi au Québec pour me sentir dans le voyage. Petit à petit, avec le soutien d’Isa qui me présentait des filles super. Avec qui je pouvais aller camper, sortir, randonner …

Je ne savais pas réellement combien de temps je souhaitais rester, mais étant incapable de prendre des décisions, je laisser s’écouler le temps. Finalement petit à petit, les choses se mettaient en place. Enfin j’essayais.

Après un mois au Québec, en passant par états divers: la joie, la tristesse, la peur, l’ennui, le doute, le bien être, l’amitié …

Je ne sais plus bien ce qui m’avait amené là. C’est peut être la clé du problème à l’appréciation de cette étape. Je réalise alors combien il est important d’avoir un but dans son voyage et d’avoir conscience des étapes pour l’atteindre. Tout en se laissant la possibilité en route d’être flexible et de revoir le plan du cheminement ou le temps consacré à chaque instant.

Je me rends compte aussi de mon besoin de perdre du temps malgré tout. J’ai décidé que dans cette nouvelle vie, je garderai des dimanches. J’essayais de ne pas culpabiliser de ces journées mortes, choisies car ma motivation n’est pas toujours à l’agitation et la course au tourisme pour connaître tous les coins et recoins. Non, la rencontre avec les gens reste quand même la plus belle partie du voyage. Ce fût d’ailleurs difficile pour moi d’apprendre à me séparer autant de fois de personnes à qui bizarrement on s’attache en quelques jours à peine.

Je constate déjà depuis le début de mon voyage, que pour moi, le partage de l’instant est primordial, le rire aussi, c’est ce qui me redonnait de l’énergie et de l’envie.

Isabelle, par son sourire, son calme et beaucoup de douceur, me donne le goût de l’organisation, l’envie de créer mon propre confort. Penser des détails.  Je suis à peine partie que je commence à prendre note d’un tas de petites choses que je souhaiterai mettre en place dans ma vie à la fin de mon voyage.

Je prends alors la mesure de cette phrase que ma copine Virna m’a si bien choisie avant mon départ et qui raisonne de plus en plus en moi: “De la contrainte née la liberté”

Chaque rencontre à sa façon me renvoie au regard que je porte sur moi. Je m’y retrouve avec toutefois toujours au fond mon manque de lâcher prise, celui là-même qui peut être retient mes sentiment et leur expression juste. A travers ses rencontres, j’apprends à me connaître davantage.

Je profite de ce moment pour faire le point sur ce qui m’anime, mes valeurs aussi. La famille, je pense profondément que c’est mon essentiel. Être entourée, aimer et être aimé, s’aimer sois-même. Connaître sa valeur et ne pas la minimiser. Etre ce que l’on souhaite, aimer qui on est, se porter un regard positif, moins critique. Savoir que moi aussi je peux être l’une d’entre elles dans le regard des autres.

Se laisser sourire, rire, s’alléger, s’emporter, se surprendre…

Je reviendrai à Montréal ou pas. Après avoir passé un mois plein tourmenté par toutes mes émotions qui m’envahir tour à tour, je décidais d’enfin être nomade, de bouger de ce petit cocon où j’étais accueillie et je partais seule à Québec.

J’arrive à Quebec dans l’auberge Jerry, m’a marquée plus que les autres. Du haut des ses 27 ans, ce petit bout de femme australienne était originaire de d’Australie.

Elle voyage depuis un an et demi à la recherche d’elle même, je me retrouve beaucoup dans son cheminement psychologique et son rêve de voyage que j’ai qualifié de voyage en parcours d’étoile.

Complètement au gré de ses envies et de ses rencontres ou encore des rendez-vous qu’elle se donne avec sa famille et ses amis. Jerry est spirituelle mais « en vie » (pas complètement perchée, bien ancrée), joyeuse, fraîche et déterminée. Elle avance confiante. En tout cas, c’est ce qu’elle laisse paraître. Je pense que c’est ce que lui a apporté le voyage. J’aimerai la revoir sur la route, elle m’inspire. Elle m’a recommandé ses arrêts méditatifs en Inde et au Népal. Elle me parle aussi, de l’ayahuasca, qu’elle voudrait expérimenter au Pérou. Ca fait deux fois en 6 mois qu’on me parle du voyage de l’ayahuasca.

La première fois, c’était lors de mes dernières vacances à Puerto Rico. La jeune femme, architecte d’intérieur, New yorkaise qui tenait la superbe maison près de la plage, que j’avais trouvé sur «  airbnb », me l’avait évoqué. Elle parlait d’une expérience intense qui peut changer la vie. Toutefois, je ne suis pas une grande adepte, de tout ce qui peut faire perdre la tête. Bien qu’elle m’ait précisé que la mixture de l’ayahuasca était naturelle, à base de racine et de plantes, je n’avais pas eu très envie de tester. J’avais fait quelques recherches rapides sur google et l’idée de perdre le contrôle de ma tête ou de mon corps ne m’attirait pas du tout. Je m’interrogeais aussi sur les conséquences de la mixture sur mon cerveau. Bref, ça ne m’inspirait pas confiance mais je dois dire, que l’enthousiasme de mon hôte à ce sujet attisait ma curiosité.

Les présentations faites, nous partons en balade à travers a ville. On rencontre en chemin un couple de jeunes français en tour du monde et un autre voyageur qui se joint lui aussi au petit groupe du jour.

Mes premières impressions me troublent. La ville me rappelle étrangement ma Normandie, à vrai dire, ses rues, son atmosphère me rappelle la vile de Honfleur, où j’ai l’habitude de me balader le week-end.

Le côté dépaysant, n’est donc toujours pas au rendez-vous. Je trouve la journée agréable, on visite le parlement et j’y apprends que la ville à en effet été construite sur le modèle de Honfleur. Tout s’explique. Ce sentiment familier et de déjà vu.

La ville es agréable, mais ne me donne pas envie de m’attarder.

Rendez-vous sur Hellocoton !

4 thoughts on “Livre en construction : Ma liberté

  • 30 octobre 2018 at 14 h 51 min
    Permalink

    bonjour, c’est sympa le partage !
    Où on apprend que décider de partir n’est pas le syndrome de la nana hyper costaud et le grand large chevillé au corps… juste une humaine qui réfléchit et tarde avant de s’élancer ! normal !
    merci !
    ( je crois qu’il y’a plus d’une page là ! non ? – bravo ! )

    Reply
    • 30 octobre 2018 at 19 h 19 min
      Permalink

      Coucou, oui il y a plus d’une page, ça fait déjà 4 jours que j’ai commencé, je n’ai juste pas posté jour par jour 😉
      Et effectivement le fameux syndrome wonder woman, je n’en fait pas partie du tout 😉

      Reply
  • 30 octobre 2018 at 17 h 16 min
    Permalink

    Coucou!
    et bien, pour quelqu’un qui n’aime pas écrire, tu ecris plutot bcp!

    je sens que tu as des tonnes de trucs a raconter!!
    c’est assez troublant, car j’ai les memes “sensations” que toi, un 1er effet “ben qu’est ce que je fais la??!” et puis au bout d’un moment, un 2eme effet kisscool, le sentiment d’etre la ou il faut…ou en tout cas, d’avoir “grandi”…

    Mais oui, dur de quitter la routine…

    moi, j’aime bien me rappeler cette citation de mister Paulo!
    « Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, Essayez la routine… Elle est mortelle ! » -Paulo Coelho

    Bisous! 😉

    jph

    Reply
    • 30 octobre 2018 at 19 h 22 min
      Permalink

      ahahhah non j’aime bien écrire , seulement pas quand je voyage car ça me prends trop de temps. Et j’ai du mal à choisir l’écriture plutôt que d’aller gambader à droite à gauche hehe. Et effectivement j’ai des tonnes de trucs à raconter, les mettre en forme ou dans l’ordre ce n’est pas une simple affaire :p
      La citation de PC, je l’ai faite mienne aussi depuis pas mal de temps déjà 😉 j’adore et merci de me la rappeler.
      A bientôt,
      Bises
      Caro

      Reply

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

3 clés pour partir sans plus attendre - Ebook offert !
x