Bali : le rêve de mon chauffeur de taxi

Réaliser ses rêves. Est-ce un concept réservé quelques privilégiés?

Il arrive souvent qu’on oppose à mon positivisme des limitations réalistes. Mettant en avant le fait que chacun ne dispose pas des mêmes moyens, des mêmes possibilités. La vie serait donc naturellement plus clémente à une certaine catégorie de personnes, et seulement d’un côté du globe ?

J’arrive à Bali, ici comme tu l’imagines, voyager n’est pas le principal intérêt des balinais.

Je suis assise dans le taxi qui me conduit à Ubud accompagnée d’une copine dont j’ai fait la connaissance quelques mois plus tôt à Barcelone.

♥ Introduction à la culture Balinaise

Elle demande au cours de la conversation à notre chauffeur : « c’est quoi le rêve d’un Balinais ? »

Ce à quoi il lui répond : « Les balinais n’ont pas réellement de rêve. Nous vivons jour après jour en nous satisfaisant de ce que nous avons. Dans notre culture, chaque journée commence par la préparation des offrandes pour remercier la vie, les dieux, de ce que nous avons déjà dans notre vie et qui nous permet de vivre au quotidien. Par exemple, je mets des offrandes dans ma maison, dans ma voiture qui me permet de travailler et de me déplacer, à différents endroits dans lesquels je passe chaque jour. »

Je me souvenais bien de cette gratitude quotidienne des Balinais. Lors de mon premier séjour ici, j’étais logée dans une famille du village. Chaque soir nous fabriquions les offrandes devant un show télévisé: un genre de “nouvelle star indonésienne” . Le lendemain matin, il fallait les porter au marché pour les vendre.

Il ajoute « Nous vivons en communauté, chacun doit participer à aider l’autre lorsqu’il en a besoin. Si il me manque du sel pour cuisiner, je peux aller en prendre chez mon voisin sans lui demander la permission. Tout le monde se connait dans la communauté. Il n’y a presque pas de police à Bali car chacun fait attention à l’autre. Tout n’est pas parfait mais dans l’ensemble il y a moins de criminalité qu’ailleurs pour cette raison. C’est la communauté qui juge ses délinquants. »

Elle lui demande si avec cet état d’esprit il lui arrive d’être fâché ou en colère. «  Nous apprenons le lâcher prise. Si quelque chose ne nous convient pas, nous laissons tomber. Si nous ne voulons pas faire une chose qui nous fâche nous ne la faisons pas. Mais en général, les balinais ne se plaignent jamais. Ils sont très aimés de leurs patrons pour ça. Exécuter sa tâche sans se plaindre fait partie de notre culture. »

Je suis à peine sortie de l’avion que je me prends déjà une piqure de rappel !

  Gratitude, acceptation, lâcher prise.

Bon bah, il y en a qui save se contenter de ce qu’ils ont en étant apaisés et heureux au quotidien. Il va falloir que je travaille un peu sur le concept. Parce que moi, je chasse mes rêves les uns après les autres. Je suis madame « plus » toujours le petit truc qui fait la différence. Je m’estime très chanceuse de vivre la vie que je mène. J’étais à mon sens déjà chanceuse avant de voyager, ayant la possibilité d’exercer un métier qui me passionnait. Je pouvais profiter d’énormément de choses, mais malgré tout, à un moment donné, tout ça ne me suffisait pas, il me fallait la cerise sur la gâteau. Et surtout fuir la monotonie d’une vie toute tracée. Réaliser mes rêves dont la liste ne cesse de s’allonger.

Bon, ce voyage à Bali serait donc un parcours initiatique. Je prends note et vais tâcher de bosser sur mes 3 concepts.

La gratitude, je suis plutôt pas mal de ce côté. J’ai l’habitude de lister chaque jour au moins 10 choses pour lesquelles j’éprouve de la gratitude dans ma journée ou dans ma vie ne général. Au départ ce n’était pas si évident mais maintenant j’ai des listes à rallonge ! Chaque petite chose compte, ne serait-ce qu’un petit rayon de soleil qui vient illuminer ta journée, avoir passé une bonne nuit, profiter d’une douche chaude … tout ça , je l’ai touché du doigt encore plus intensément lors de mes voyages. 

Acceptation, j’y travaille. Moi qui déteste toute frustration en tout genre, je m’efforce d’accepter ce que je ne peux pas changer. Même si dans mon fond intérieur, je pense qu’il y a une solution à toute chose 😉

Lâcher prise, là c’est mon gros boulot. Depuis que je voyage à temps plein, j’aime laisser le hasard ou l’univers me guider. Ne pas programmer, laisser un espace suffisant pour vivre les surprises de la vie, prendre le temps des rencontres … Cependant il y a encore parfois un certain nombre de choses que j’ai tendance naturellement à vouloir contrôler. Une forme de retenue à me laisser aller complètement. Mon voyage ici à Bali, devrait m’exercer à ce concept.

Voilà que la conversation se poursuit, et que notre chauffeur se livre un peu plus. Finalement, et malgré la force de sa culture, il admet qu’il avait lui aussi un rêve, avant !!!

♥ Le rêve du chauffeur Balinais

Et quel rêve ! Figure toi, qu’il rêvait de voyager et d’aller aux Etats-Unis. Il était fan de cinéma et souhaitait découvrir les endroits qu’il voyait dans les films. 

Comme il l’admet lui même, ce n’est pas simple pour un Balinais de voyager. D’abord à cause de l’argent, mais aussi à cause des visa.

Il nous raconte alors comment il a présenter sa candidature quand les recruteurs de Disney sont venus à Bali. Il nous explique qu’à ce moment là, l’entreprise avait pour but de recruter des personnes partout dans le monde.

A Bali il y avait plus de 4000 candidatures pour 60 places: Il a été choisi ! Ensuite, il a pu choisir où travailler. Soit en Floride, soit sur une île qui appartient à la compagnie ou entre différents parcs dans le monde. 

Mais lui, il rêvait de découvrir le monde. Il choisit alors de travailler sur les bateaux de croisière Disney. Et c’est comme cela qu’en 3 ans, il fit le tour du monde. Comme il le dit lui même : ” Jamais je n’aurais cru pouvoir réaliser ce rêve dans ma vie. J’ai eu beaucoup de chance. Je me suis présenté, j’ai raconté que je rêvais de parcourir le monde pour découvrir en vrai tout ce que je voyais dans les films. Et ils m’ont pris !”

Chaque année l’entreprise lui payait un billet pour revenir à Bali. C’est lors d’un de ses retours qu’il rencontra sa futur femme.  Il la connaissait depuis longtemps, ils avaient même étaient amoureux, puis elle avait déménagé.

Lors des fête balinaises, ils se sont croisés par hasard. N’étant que 2 mois sur place, il lui proposa de se marier. Ce n’est que l’année suivant la naissance de son premier enfant qu’il décida de revenir définitivement à Bali et de quitter son emploi à Disney. C’est alors qu’il devint chauffeur de taxi. Métier qu’il aime car cela lui permet de bouger et de sentir libre. De choisir quand il travaille et d’être avec sa famille.

rêve

Les façons de réaliser tes rêves sont multiples. C’est pour cela qu’il faut constamment y croire et les garder en ligne de mire. Tu ne sais jamais ce que la vie t’apporte comme occasion. La deuxième chose, est qu’il faut être prêt à les saisir. Faire ce pas qui te permet la réalisation. Il aurait pu se dire qu’ils étaient trop nombreux pour être choisi, que les conditions de travail allaient être difficile, qu’il serait difficile de quitter sa famille et sa communauté … Il a eu une occasion, il a tenté sa chance.

Forcément chaque nouvelle situation implique de laisser une partie ou tout ce que tu avait dans la présente. Le temps de cette étape où tu te retrouves au bord du gouffre, laissant tout et n’ayant pas encore toucher ton rêve du doigt, cela peut sembler effrayant.

♥ Mais une fois lancée dans le vide, ton parachute s’ouvre par magie. Et tu n’as plus qu’à profiter du vol !!!

Hier soir lors du cours de yin yoga, cette phrase m’a interpellé. Je pense que bien souvent nous avons tendance à oublier de nous concentrer sur l’essentiel.

La où la pensée va, l’énergie va.

A méditer …

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4 thoughts on “Bali : le rêve de mon chauffeur de taxi

  • 1 mars 2018 at 3 h 07 min
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    Très belle histoire ❤ je suis pour les petits rituels du matin et / ou du soir. Bougies, petite prière ou voeux, pensées positives , quelques asanas . Un moment pour soi pour commencer la journée , top .

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    • 1 mars 2018 at 18 h 50 min
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      Moi c’est sur ma liste de faire tout ça, mais pour le moment, les asanas je n’arrive pas encore à m’y mettre en automatique 😉

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  • 9 avril 2018 at 19 h 42 min
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    Mille mercis d’avoir créé ce blog pour partager vos aventures !! J’ai découvert votre blog hier et j’ai déjà dévoré une bonne dizaine de vos articles. Votre vie est fabuleuse et votre courage me donne une belle leçon de vie. Il y a quand même une chose que j’ai du mal à comprendre et dont vous ne parlez pas beaucoup dans les articles du blog. C’est l’aspect financier. Peut-être est-ce quelque chose que vous ne souhaitez pas aborder ? Je pense que cela peut être super pour nous (les lecteurs de votre blog) de savoir combien cela coûte de vivre en voyageant comme vous le faites. De comprendre comment vous voyez votre avenir financer compte tenu de vos choix d’aujourd’hui. J’ai aussi cru comprendre que dorénavant vous souhaitez retrouver un petit pied à terre mais ne savez pas trop ou vous fixer… Je serais heureux de vous lire à nouveau pour avoir de vos nouvelles Caro !!

    Encore une fois BRAVO d’avoir osé VIVRE une vie magnifique. Peu de gens osent et c’est bien dommage (j’en fais partie).

    Au plaisir de vous lire.

    Jules.

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    • 9 avril 2018 at 22 h 01 min
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      Merci Jules pour ce commentaire qui est bien agréable à lire. L’aspect financier est ce qui questionne la plupart des gens. Je devrais peut être faire un article dessus, mais à chaque fois que j’explique comment j’ai procédé, la phrase qui suit est souvent ” Ah bah pour moi ce ne sera pas possible” … C’est pour ça que je n’écris pas dessus. Car j’ai remarqué que au lieu d’ouvrir des possibles, ça créer plutôt des limites à ceux à qui j’ai expliqué. Pourtant dans l’univers du voyage, j’ai rencontré des tas d’autres nomades, et les façons de se financer sont presque aussi diverses que le nombre de personnes. Je trouve ça dommage du coup, de ne pas voir ou chercher ses propres opportunités, en s’imaginant qu’on a une vie toujours plus compliqué qu’une autre. Au départ comme je le dis dans le Blog je suis enseignante. J’ai donc fait avec mes revenus de la fonction publique qui sont certes plus élevés que le RSA (heureusement après un BAc+5 !) mais pas non plus mirobolant … Et j’ai des amis qui ont voyager longtemps en économisant avec des revenus très moyens. Tout dépend de comment on voyage, où on voyage et notre capacité d’adaptation évidemment. Je vais quand même réfléchir à une idée d’articles 😉 Je suis très en retard sur le BLOG mais je vais me motiver pour que vous ne soyez pas en reste hehe. J’espère que au delà du rêve, vous partirez un jour avec votre sac à dos. A très bientôt sur le BLOG, Caro

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